Des collaborateurs sur « Recherche Susan Désespérément » critiquent Madonna
27 février 2011 News

Des collaborateurs sur « Recherche Susan Désespérément » critiquent Madonna

news-madonna-desperately-seeking-susan

Reid Rosefelt et Tim Ransom qui ont travaillé sur Recherche Susan Désespérément, ont le plus grand mal à dire de Madonna, 26 ans après la sortie du film de Susan Seidelman.
Rosefelt a travaillé pour l’agence PMK PR, en tant que publiciste pour le film, à l’époque.
Aujourd’hui il publie sur son blog, un article incendiaire, revanchard et terriblement intéressant. Il voudrait raconter les dessous du film, ses liens avec Rosanna Arquette et le reste, mais finit par tomber dans son propre piège, cherchant à dénoncer Madonna qui « fait toujours en sorte que tout tourne autour d’elle », tout en publiant un post qui lui est finalement consacré à 100%.

Traduction par Madonnarama…

« Il est gay ? » m’a demandé Madonna. « Les gays prennent de bonnes photos de moi. »

Lorsque j’ai travaillé pour l’agence PMK PR en 1980, chaque fois que nous avions un nouveau client, on le faisait photographier par Herb Ritts.

« Je ne sais pas si Herb Ritts est gay, Madonna, mais je te promets que tu aimeras ses photos. » lui ai-je répondu.
Comme d’habitude, Madonna me cassait les couilles, mais l’important c’était qu’elle et Rosanna Arquette étaient prêtes à s’absenter du tournage de Recherche Susan Désespérément pour un samedi entier pour le photo shoot. Ann Lander, qui travaillait pour Orion Film avait chargé Herb de prendre quelques portraits qui devaient circuler dans les magazines, espérant également que l’affiche du film puisse se trouver dans un de ses clichés.

Nous ne savions pas quelle image servirait le mieux à l’affiche du film, mais j’étais convaincu que la veste que portait Susan (Madonna) et que rachetait Roberta (Rosanna Arquette) dans le film, devait y occuper une place centrale, car elle était le point de départ de l’histoire.

Madonna et Rosanna avaient deux corps assez différents, et Santo Loquasto, le costumier du film, avait crée deux vestes identiques. Évidemment, personne n’était censé le savoir. Moi je voulais qu’on les voit toutes les deux dans la veste de Susan pour le poster. Ça n’avait pas réellement de sens, mais j’étais convaincu que cela avait un sens métaphorique : Roberta et Susan étaient des jumelles, les deux côtés d’une même pièce, des sœurs. Elles entraient toutes deux dans la vie de l’autre.

De nos jours, les photo shoots de ce genre sont de grosses affaires, avec des limousines et une nuée de publicistes et d’exécutifs, mais à cette époque, c’était moi et Melissa Stanton, une des costumières, l’équipe de Herb, Madonna et Rosanna, qui venaient, d’elles même, en taxi. [Comment je l'ai su ? Parce que Madonna se plaignait du fait qu'elle ne supportait plus de prendre le métro. Elle était trop célèbre et les gens la harcelait dans le métro, et cette intrusion dans sa vie privée lui était insupportable].

Devant le studio, j’ai été reçu par Madonna qui enlevait son t-shirt pour changer de tenue. Rien de bien prude chez cette fille là. Je me suis dit que peu de gens en verraient autant d’elle. J’étais bien loin de la vérité. Melissa était présente avec les costumes, mais Herb n’était pas du tout intéressé. La journée durant, il voulait photographier les deux filles qui changeaient de poses. Aucun lien avec le film.

Rosanna et Madonna avaient une relation très particulière. D’un côté, elles étaient amies et sortaient même ensemble le soir, après le travail, mais d’un autre côté, Madonna avait cette façon de bouffer tout l’air dès qu’elle entrait dans une pièce. D’après ce que j’avais compris, le film avait été approuvé uniquement parce que Rosanna, super tendance après « The Executioner’s Song » et « Baby, It’s You », avait accepté d’y jouer. Rosanna était, sans aucun doute le vrai talent, elle travaillait pratiquement tous les jours, alors que le rôle de Madonna était beaucoup plus léger en termes du nombre de scènes. Pourtant, on ne peut pas nier que Madonna était Madonna et qu’elle était « Susan », dans un film qui s’appelait « Recherche Susan Désespérément ». Une fois, alors que quelqu’un demandait qui allait jouer dans le film, j’ai entendu Rosanna dire, « Madonna ».

La vérité c’est que Madonna était de ce genre de personnes avec une telle confiance en elle, qu’elle prenait le dessus sur pas mal de monde, et totalement sur le genre de fille sensible qu’était Rosanna. Ce photoshoot en a été le parfait exemple.

A un moment, Ritts photographiait des poses glamour de Rosanna devant un écran, quand Madonna est entrée en jeu. Après avoir observé Rosanna pendant une minute, elle lui a dit « Tu es belle, je pourrais te baiser ». C’était drôle, mais on pouvait presque entendre l’air qui dégonflait la confiance en elle de Rosanna, alors qu’on lui volait son moment. Et tout s’est mis à tourner autour de Madonna. Mais bon sang ! C’était Rosanna Arquette, après tout. Un vrai fantasme pour une bonne partie des hommes aux Etats-Unis ! Quelques instants plus tard, Madonna a attrapé l’écran et se mettait à faire les mêmes poses… et Herb a pris une photo qui allait devenir légendaire.

Par la suite, Melissa et moi sommes allés chercher des sandwichs pour déjeuner. De vrais traiteurs : « Qui veut du thon ? »
Madonna m’a joué un morceau, « Sidewalk Talk » qui devait apparaître dans une compilation, « Jellybean Rocks the House » que son boyfriend Jellybean Benitez produisait. Elle a eu l’air contente que j’aime le morceau. Son approbation m’a aussi fait du bien. Elle s’est souvent moquée de moi sur le tournage, mais en réalité, je passais beaucoup de temps en solo, avec elle. Nous regardions des photos dans sa caravane et aussi dans son loft (elle vivait à proximité de mon appartement) et nous nous entendions très bien. Ses instincts pour la publicité étaient déjà exceptionnels et je l’ai toujours considérée comme un de mes mentors. (J’ai appris quelques petites choses d’autres publicistes, mais les meilleurs entrainements sont venus de vendeuses naturellement douées comme elle.) Mon histoire favorite la concernant, reste sa façon de faire en sorte de convaincre son manager de travailler avec elle. Elle a demandé qui était celui de Michael Jackson et quand elle a appris qu’il s’agissait de Freddy DeMann, elle l’a tout simplement appelé au téléphone. Qui aurait eu le cran de faire ça ? Freddy a signé avec elle.

Andre Leon Talley, le légendaire faiseurs de tendances est arrivé sans être annoncé, expliquant qu’il voulait qu’Herb fasse un shoot de Madonna pour Vanity Fair. Avant que je puisse dire quoi que ce soit, Talley lui a mis une paire de boxers multicolores pour hommes sur la tête et s’est amusé à les mettre de travers.

J’étais dans l’embarras parce que ni Freddy DeMann, ni Liz Rosenberg, la publiciste de Madonna n’avait donné leur accord. Madonna m’a dit que je devais appeler Freddy chez lui et s’il disait que c’était ok, elle le ferait. Même si elle n’était qu’une enfant gâtée, elle était assez docile, à cette époque. je lui ai dit « écoute, tu dois le faire maintenant pour ne pas avoir à le faire par la suite. » et elle l’a fait.

Il commençait à se faire tard et je me suis imposé en disant à Herb qu’il était temps de shooter les costumes de « Recherche Susan Désespérément ». Après une longue journée à prendre des photos sans aucun rapport avec le film, je crois qu’il en a pris pendant une heure ou deux. Mais ces quelques images sont devenues de l’or.

Alors que nous nous apprêtions à partir, je pense avoir vu quelque chose que peu ont vu depuis bien longtemps. Madonna a appelé Jellybean et ils se sont disputés et pendant un instant, j’ai vu sa carapace se briser : elle est devenue cette jeune femme assez normale, insatisfaite ou peinée par ce que faisait son boyfriend. Comme j’avais pu l’apprendre ce jour là, Madonna n’avait aucun problème à révéler ses émotions, mais elle n’aurait jamais montré sa vulnérabilité. Dès qu’elle m’a vu l’observer; elle a replié cette honnête émotion sur elle, puis elle est redevenue « Madonna ».

En début de semaine suivante, Herb est arrivé dans la caravane de Madonna avec des photos extraordinaires qui allaient valoir plusieurs milliers de dollars. Des impressions platines. Des trucs qu’on expose dans un musée. Je n’avais jamais rien vu de tel. J’ai pensé qu’il voulait de nouveau, photographier Miss Ciccone. On peut dire qu’il l’a fait depuis. Il est devenu un des photographes attitrés de Madonna, shootant certaines de ses photos les plus mémorables, jusqu’à sa mort, en 2002.

Peu après que le film soit fini, je suis allé à une réunion dans les bureaux d’Orion, à New York. Une agence de communication faisait une présentation pour le film. Sur l’affiche qu’ils proposaient, le visage de Rosanna était sur un grille-pain, celui de Madonna, sur une tranche de pain grillé, pour faire référence au côté femme d’intérieur évoqué dans le film. C’était absolument nul. Heureusement, j’avais un jeu de la session photos de Ritts. Je les ai sorties et j’ai dit « Et celles-ci, vous les avez vues ». Ils ne les avaient pas vues. Ann Lander était partie en vacances et avait enfermé les photos dans son coffre. Il y a eu comme un silence dans la pièce.

L’histoire n’était pas encore terminée. Il y avait des gens chez Orion qui trouvaient que l’image faisait référence à un film sur des lesbiennes. Heureusement, les producteurs du film, Midge Sanford et Sarah Pillsbury, ont réussi à les convaincre et le résultat est le poster du film.

Quasiment l’ensemble des photos prises par Herb pour la session « Recherche Susan Désespérément » ont été utilisée des milliers de fois? Une a même fini en couverture de Playboy, en Septembre 1985.

Des années plus tard, j’ai visité le London Film Museum… et je l’ai vu ! Mon poster ! J’étais vraiment fier. Je me suis dit que d’une certaine façon, j’ai pris part à l’histoire du cinéma. Après tout, cette image n’aurait jamais existée si je n’y avais pas pensé. Ok, Herb, Rosanna, Madonna, Santo, Melissa, Susan Seidelman, la scénariste Leora Barish, et même Ann Lander ont aussi eu quelque chose à y voir.

En ce qui concerne Rosanna Arquette qui est quelqu’un avec qui j’ai gardé contact et qui, je crois, lit mon blog, je m’excuse d’avoir fait tourner ce post SEULEMENT SUR MADONNA. Elle a cette façon de faire en sorte que tout tourne autour d’elle.

Quelques années plus tard, j’ai rencontré Madonna au Lee’s Art Shop sur la 57ème rue. Je me suis présenté en disant que j’avais travaillé sur « Recherche Susan Désespérément ». Elle m’a répondu « Beaucoup de gens ont travaillé sur Recherche Susan Désespérément. » et elle a passé son chemin.

Tim Ransom fait une apparition dans le film. Il y joue un livreur qui apporte son petit déjeuner à Susan (Madonna) incluant son journal et de la tequila.
Il a commenté le post de Rosefelt, avec un point de vue amer au possible (au point de faire peine à lire) sur Madonna…

Je voudrais dire à quel point Rosanna représentait la classe dans ce duo dynamique. Je la revoit encore de temps à autres, et je l’apprécie deux fois plus aujourd’hui, qu’à l’époque. Elle n’a pas eu les retours qu’elle méritait sur DSS surtout que le film devait originalement tourner autour d’elle. Mais Madge est entrée en jeu, monopolisant tout l’air dans la pièce.
Clairement une force avec laquelle il fallait compter, mais en revoyant le film durant le 25ème anniversaire de sa sortie, je me suis souvenu comme Rosanna était gentilles, drôle et charmante alors que Madonna s’est servie du peu de talent de comédienne qu’elle avait pour finir tout de même, avec un jeu assez limité, dans le film.
A présent que l’écran de fumée s’est dissipé et que l’on a pu constater que Madonna a atteint son sommet en tant qu’actrice dans DSS (surtout parce qu’elle avait été bien dirigée et entourée) Rosanna est celle qu’il fait regarder dans ce film.

Environ 10 ans après le film, j’ai été invité à passer une soirée de Noël chez un ami, et Madonna devait s’y trouver aussi. Je voulais vraiment la revoir parce qu’elle était fun dans DSS et nous avions une relation sympa. Surtout que nous avions fait des screen-tests ensemble. Je n’avais jamais imaginé qu’elle me jouerait le plan du ‘je ne me souviens pas de toi’, mais c’est pourtant ce qu’elle a fait, assise à moins d’un mètre de moi. Complètement démonté, j’ai essayé pathétiquement de lui rappeler qu’on avait fait des screen-test ensemble, que nous avions eu une petite scène ensemble dans le film, etc. A ce moment là, elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit TRES froidement « JE. NE. ME. SOUVIENS. PAS. DE. TOI ». Cette femme m’avait tiré la langue depuis la scène sur laquelle elle chantait au Madison Square Garden; cette femme dont j’avais sauvegardé les messages vocaux sur mon répondeur, parce qu’ils donnaient délicieusement dans le flirt; cette femme, dont j’ai encore une photo alors que je lui massais le pied sur le tournage (j’y étais chaque jour), me disait à présent, que je n’existais pas dans sa mémoire. J’étais vert de rage, parce qu’elle ne voulait même pas engager la conversation. Son narcissisme et son manque absolu de grâce étaient tellement ancrés en elle, que j’en étais choqué.

C’était difficile d’avoir tant de bons souvenirs d’elle et qu’elle les aît empoisonnés ce soir là, mais que pouvais-je y faire ? Lorsque j’ai retrouvé le disque de Like a Virgin qu’elle nous avait tous dédicacé le dernier jour de tournage (« tu peux devenir mon mari après la thérapie » était une des chose qu’elle m’avait écrite), c’est avec grand plaisir que je l’ai revendu sur eBay. La somme rondelette que j’en ai récolté m’a permis d’acheter cette télévision à écran plat dont je profite encore aujourd’hui. Je n’aurais absolument jamais aucun regret d’avoir vendu cet objet.

—-

Article adapté et traduit par Madonnarama